Canicule ! La caisse gardoise à encaver pour cet été
Il est 14h, le thermomètre affiche déjà 36°C. Les volets sont clos, la terrasse est brûlante, et la seule envie qui tient, c’est un verre bien frais. Mais pas n’importe lequel. Pas un rosé industriel sans âme qu’on boit pour se rafraîchir et qu’on oublie aussitôt.
L’été, dans le Gard, on a la chance d’avoir des vigneron.ne.s qui font des vins à boire facilement. Des vins vivants, légers, profonds quand même. Des vins qu’on ouvre sans réfléchir et qu’on finit sans s’en rendre compte.
Aujourd’hui, je vous emmène chez trois d’entre eux.
Petite précision avant de commencer : il s'agit de recommandations, pas de ventes. La cave Vitis ouvrira à l'automne 2026. En attendant, considérez ça comme un repérage, à dénicher chez votre caviste ou au domaine.
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Les Frères Soulier
On commence avec les Frères Soulier, qui sortent des rosés gardois aux aromatiques qu'on ne retrouve presque nulle part ailleurs. Leurs dernières cuvées viennent tout juste d'arriver sur le marché.
- La Clastre 2025 — la cuvée iconique du domaine, autour de 19 € la bouteille. Je l'associerais avec un vitello tonnato : la fraîcheur du vin répond à la rondeur du plat.

- Bleu Roche 2024 — 100 % cinsault, seulement 300 bouteilles produites. Si vous arrivez à en trouver une, n'hésitez pas. C'est toute la générosité du cinsault concentrée. J'ai eu la chance de le goûter sur amphores il y a quelques mois : une bombe de fruit, des notes d'épices et de tomate juteuse. À ouvrir en fin de soirée, sous les étoiles, quand la fraîcheur retombe. À boire à deux maximum, pour prendre le temps. Autour de 39 €.
Agathe Puel
Deuxième domaine, une vigneronne cette fois : Agathe Puel, qui signe des canons sincères et pleins de générosité. Domaine minuscule donc très peu de quantité

- 23/24 — une base de blanc de noir 23 infusée avec les grappes « marc » 24, ce qui a teinté le jus. On retrouve un vin tout en fraîcheur, avec des notes d'herbes fraîches méditerranéennes. Un super canon à boire avec une soupe au pistou.
- Club 2024 — syrah avec une pointe de counoise, vinifiée en carbonique. Très juteux, relevé d'épices. C'est le canon à sortir en fin de grillade, quand on commence à saturer en tanins et qu'on cherche une touche de douceur. Ce sont ces vins-là qui me font le plus de bien sur les longs repas.
Prix non confirmé se retrouve autour des 18-20 euro
Domaine la Goguette
Julien Mary fait des canons d'une fraîcheur à couper le souffle.

- Pipelette 2025 — viognier, vermentino et blanc de noir de cinsault. Un rapport plaisir-prix énorme. Un blanc pour étancher une soif à l'apéro, à accompagner de tellines en persillade. On n'est pas sur un profil sudiste riche : ici, c'est la fraîcheur qui domine, avec des arômes d'herbes fraîches type verveine et des notes légèrement exotiques. Très, très frais. Autour de 16 € chez le caviste.
- La Siesta 2025 — syrah, viognier, grenache, en pressurage direct. On a toujours du mal à faire boire du rosé de macération au beau-père : la Siesta permet de faire le pas. Un rosé vivant, plein de fraîcheur, limpide et légèrement coloré. J'aime le servir pour initier au vin naturel. À accompagner d'une salade de morue, avec une vierge de fèves et petits pois. Autour de 15 € chez le caviste.
Voilà de quoi tenir tête à la canicule. Trois domaines, six bouteilles, et la certitude de bien boire cet été.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.